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Déc 06

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Brève histoire du Père Noël

© Peter Jan Haas

Saint Nicolas, évêque de Myre, serait décédé un 6 décembre 343. La légende veut qu’il ait sauvé trois enfants d’un méchant boucher qui les avait coupés en morceaux et mis dans un saloir… J’aime aussi l’histoire de la jeune fille que son père allait vendre comme esclave parce qu’il était pauvre. Saint Nicolas avait lancé des pièces d’or par leur fenêtre, le faisant ainsi renoncer à son terrible dessein. D’autres histoires affirment qu’il s’agissait de la porte et d’autres encore, de la cheminée; ainsi se construisent les traditions. Toujours est-il que, depuis le XIIe siècle, saint Nicolas vient visiter chaque année les petits Européens.

Comme il était évêque, saint Nicolas portait la plupart du temps des vêtements sacerdotaux. Après la Réforme, au XVIe siècle, beaucoup de protestants abandonnèrent cette fête un peu trop catholique. Cependant, les Hollandais la gardèrent. Au siècle suivant, quand certains d’entre eux émigrèrent vers la côte est du nouveau continent et achetèrent l’île de Manhattan pour en faire une nouvelle Amsterdam, la fête de Nicolas se répandit. Sinter Klass est devenu Santa Claus.

Ce sont d’abord les artistes qui ont fait évoluer saint Nicolas vers le Père Noël. En 1809, l’écrivain Washington Irving lui fit parcourir les cieux; en 1821, le pasteur Clement Clarke Moore écrivit un premier conte qui le mettait en vedette, puis en 1823, un poème qui le rendit célèbre. Sous sa plume, l’âne de Nicolas a été transformé en huit rennes dont l’un eut bientôt le nez particulièrement rouge.

En 1860, l’illustrateur Thomas Nast lui donne un visage: ce gros bonhomme jovial et généreux vêtu d’un chaud manteau, puisque sa fabrique de jouets était située au Pôle Nord. En 1931, Santa Claus reçoit de nouveaux habits de la part de Coca Cola; son manteau est dorénavant du même rouge que le logo de la célèbre boisson gazeuse… De celles des artistes, le Père Noël venait de passer aux mains du marché.

Au Québec, le Père Noël s’est imposé depuis quelques générations à peine. Ma mère, elle, recevait ses cadeaux du Petit Jésus en personne et celui-ci ne les lui apportait qu’au Jour de l’An. Mon père, pourtant du village d’à côté, les recevaient quant à lui le jour même de Noël. (Il a toujours prétendu que son village était supérieur à celui de ma mère!)

La Saint Nicolas était elle aussi une fête de bilan de fin d’année; l’évêque n’apportait des cadeaux qu’aux enfants qui avaient été sages. Le jugement précédait le don; il fallait avoir été méritoire. Pour les autres, le Père Fouettard mettait dans les souliers des épluchures de rutabagas et des morceaux de charbon. Le Père Noël aura conservé la jovialité et l’immense miséricorde d’un grand-papa qui pardonne toutes les bêtises.

Avec l’image, les cadeaux ont eux aussi beaucoup évolué… On est passé du pain d’épice et des chocolats aux Xbox et autres téléphones portables… Gageons que le « rouge Coca » y est pour quelque chose…

 

Lecture complémentaires: La Sainte Catherine; Les faucons de Noël

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