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Déc 04

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Le sens de ce que l’on fait

CC Freefoto.com

Je suis toujours étonnée par la quantité de choses qui paraissent à l’agenda à l’orée de décembre: les décorations à installer, le ragoût de pattes à cuisiner, les cadeaux à acheter et à emballer. Tout cela en plus des tâches régulières…

Dimanche dernier, premier jour de l’Avent, je me suis mise à la tâche de mauvaise humeur.  Je n’arrivais pas à y mettre mon cœur. Sans doute parce que je sens que je n’ai pas le choix. Sans doute aussi parce que je me sens débordée avant même d’avoir commencé.

Il y a deux ans, Stéphane Laporte écrivait dans la Presse*:

 

Les gens embarquent dans le traîneau du temps des Fêtes, en n’ayant hâte que d’une chose: que la promenade finisse au plus sacrant. Qu’on se retrouve au plus vite après les Rois et que la vie normale reprenne son cours. Pourtant, ils vont décorer leur maison, ils vont acheter des cadeaux à tout le monde, ils vont sortir, ils vont recevoir, ils vont s’étamper un sourire dans la face mais sans que cela ne leur procure le moindre bonheur.

Je ne suis donc pas la seule. Mais cela me désole bien autant que cela me console.

En fait, je sais bien que si ce sentiment d’accablement me submerge c’est que j’ai du mal à me rattacher au sens profond de toutes ces choses à faire. Stéphane Laporte le sait aussi, puisqu’il renchérit:

 C’est plate, si on pouvait l’acheter au magasin, le sens, ce serait fait. On pourrait le cocher sur notre liste. On a trouvé un sens. Next! Mais trouver un sens, ce n’est pas aussi simple que de trouver un centre de table.

Pour quoi Noël, dans une société laïque et à une époque où le patrimoine a si peu d’importance? Les financiers, eux, ont la réponse: pour faire rouler l’économie, puisque c’est de cela dont ils se réjouiront en étudiant les statistiques de décembre.

Et je m’étonne encore de vivre, selon les mots de Max Weber, dans une société aussi « désenchantée ».

Je finis toujours par me dire – inspirée par ma fille de 11 ans, pour qui tout cela est encore si neuf — que la « magie de Noël » et « l’émerveillement de la Nativité » n’existent pas ailleurs qu’en moi-même et que c’est là seul qu’il faille les chercher. Mais encore faut-il prendre le temps – et la peine – de le faire, ce qui n’est pas une mince affaire quand on se sent débordée…

Poser les gestes qui éclaireront tout le reste. Les quelques gestes qui donneront sens et couleur à ces jours de fête. Ceux-là prennent généralement moins de temps que de cuisiner une tourtière, surtout quand la pâte résiste au rouleau. Mais peut-être sont-ils plus exigeants. Et, surtout, ils ne paraîtront dans aucune statistique….

Quel sens donnez-vous à toutes ces tâches plus ou moins nécessaires du temps des fêtes? Et quelles actions donnent leur lumière à tout cela?

 

 

* http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/201011/27/01-4346983-noel-corrompu.php

 

 

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(4 commentaires)

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  1. Soeur Claire, a.p.s.

    Je ne comprend pas pourquoi mon nom apparaît-il toujours ici…

    Oui, ici, là où je vis,il y a un sens à Noël, un peu comme dans notre jeune temps. Malgré les préparatifs un peu fatigants la joie domine. Le mystère de Noël doit se goûter surtout à l’intérieur de nous-mêmes, dans le contact avec notre Dieu qui se fait petit Enfant pour notre Bonheur éternel. Il est vivant notre Jésus, sa résurrection nous assure la nôtre… Oui, Noël apporte ses exigences, ses peines, ses fatigues, mais en y trouvant son sens profond, l’Amour d’un Père qui nous donne son Fils – mystère insondable – la Fête prend toute la place.

    Merci Christine de nous faire réfléchir sur ce grand événement de notre foi en cette «Année de la Foi » !

  2. Durocher, Jeannine

    Bonjour Christine,

    Chez-nous aussi l’Avent prépare Noël c’est à dire fait mémoire d’un Jésus naissant qui définitivement nous sauvera.Et cela en dépoullant au possible tout le folklore ou le légendaire entourant cette vérité de foi laquelle se vit avant tout au creux du coeur et de notre foi . Qui sommes-nous avec nos  » petites bebelles » de nos quotidiens? Que pouvons-nous avec nos intelligences (quoique brillantes parfois) pour acheter notre Salut? Quoi? Quoi?… et encore.Que restera-t-il de nous ? Le sens de nos vies s’il n’est pas relié à notre foi et à notre conviction on peut se demander où sont en définitive tous nos gestes de bonté, tous nos efforts d’ engagements familiaux et autres. Nous n’avons qu’à nous référer aux prières du temps liturgique qui son si nourrissantes et prometteuses et nous trouverons probablement des raisons de vivre une attente. Bien sûr la publicité mercantile et la féérie irréelle vues dans les médias et autres leurrent et font dévier du vrai sens de Noêl. Actuellement dans notre société ,on fête Noêl sans savoir qui est le principal grand invité de la fête et même dont l’absence passe souvent inaperçue pour plusieurs. C’est vrai que l’arrivée de Noël peut être épurée de bien des fratras et préparer ses derniers sans amour les rend tristes et vains.Il faut s’agripper à ce qui nourrit et demeure.

    Christine , je te souhaite malgré tout un beau temps de l’Avent et que la grâce t,enveloppe.

    tante Jeannine

    1. Christine

      « Ce qui nourrit et demeure… »

      C’est très beau!

  3. Lise Durocher

    Stéphane Laporte voudrait passer par dessus la périodes des Fêtes, mais moi je pense autrement..En réfléchissant là-dessus, je pense qu’on renoncerait à un trésor universel de générosité.
    Si je pouvais me placer là-haut , devant Jésus qui regarde vivre les humains de la terre durant cette période de l’Avent et des Fêtes, je me demanderais:: Combien de personnes pensent faire plaisir aux autres?
    Combien de gens font des actions généreuses qui contentent des démunis de toutes conditions?
    Combien de querelles s’apaisent pour le temps des Fêtes et peut-être pour toujours?
    Combien de câlins se donnent pour réconforter des âmes en peine?
    Combien de réceptions sont organisées pour dire à nos proches qu’on les apprécie ,qu’on les aime.?
    Combien d’enfants sont joyeux , peut être exaltés, juste à penser aux surprises du temps des Fêtes?
    Combien d’occasions de plaisir, de rires, de chants ou de danses se multiplient pour faire vivre les traditions à la génération suivante?
    C’est sûr qu’Il verrait des horreurs, des mesquineries, des malveillances , mais Il verrait aussi les intentions de tous ceux qui demeurent discrets dans leurs gestes , ceux qui donnent anonymement et toutes les actions positives qu’on ne peut évaluer avec notre petit jugement d’humain.
    Et même ceux qui ne croient pas en Lui,font quand même Sa volonté en entrant dans le jeu des élans de bonté et d’amour envers autrui.
    Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, je trouve qu’on doit s’enthousiasmer pour conserver et vivre un joyeux temps des Fêtes.

  1. La patience |

    […] Un autre texte sur le sens:  Le sens de ce que l’on fait […]

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