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Avr 30

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Soigner ce qui est

CC Les jardiniers du Possible

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Je vous ai déjà parlé de l’objectif « intelligent » qui se définit selon l’acronyme SMART : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Rattaché à un projet, dans un laps de Temps. Érigé au rang de méthode, ce SMART est devenu SMARTER — donc, encore plus intelligent! — afin de refléter deux étapes supplémentaires: l’Évaluation et la Rétroaction.

La rétroaction implique que l’atteinte d’un objectif est un appel à aller encore de l’avant.

Première possibilité : l’objectif atteint n’est pas satisfaisant. Nous aurons alors à le réviser et à nous fixer un nouvel objectif qui, lui, devrait nous ramener dans la voie que nous nous étions tracée.

Deuxième possibilité : l’objectif est atteint et satisfaisant. Il n’y a aucune rétroaction à faire : nous pouvons passer à autre chose. C’est le cas d’un voyage en Italie, une fois que nous sommes de retour à la maison. Ce n’est cependant pas si fréquent. Par exemple, le fait de gagner un nouveau client implique de maximiser les mandats qu’il pourra nous apporter. Et, de retour d’Italie, certains voudrons apprendre la cuisine italienne…

Troisième possibilité : l’objectif atteint est satisfaisant. Mais le défi est dorénavant de le maintenir dans la durée. Par exemple, vous venez d’atteindre un objectif ambitieux de perte de poids. Votre poids actuel vous remplit de fierté et votre IMC se trouve dans la zone de poids santé. Vous ne voulez pas en perdre davantage. De toute façon, cet objectif – dans une perspective de « progrès infini » – deviendrait suicidaire.

Si votre seul outil est l’objectif, vous vous direz alors: mon nouvel objectif est une « croissance zéro ». Mais, le statu quo est-il un objectif motivant?

De fait, un tel objectif a largement prouvé qu’il est atteignable puisqu’il a déjà été atteint… Comment, alors, peut-on se motiver quand aucune amélioration n’est désirée? Je prétends pour ma part que, dans ce genre de situation, l’objectif est un outil bancal, puisqu’il est difficilement dissociable de l’idée de croissance ou d’amélioration.

L’objectif est un puissant stimulant, mais il perd sa capacité de nous dynamiser quand on essaie de l’employer dans une situation où il ne convient pas. Pour battre des œufs, rien de mieux qu’une fourchette ou un fouet. Le couteau a beau être un outil fantastique dans bien des domaines, il battra les œufs avec difficulté (mais il le fera!).

Il faudrait alors changer d’outil afin de susciter notre motivation, mais autrement. Cette motivation doit se réorienter sur le respect de ce que nous avons accompli. Un objectif atteint est un résultat qui demande qu’on le maintienne en vie. Il n’est alors plus question de l’améliorer mais de le faire durer.

Dans une perspective de temps écosystème, cela voudrait dire soigner et protéger le temps afin que tout ce qui y vit s’y épanouisse pleinement. C’est une attitude radicalement différente de celle qui nous pousse sans cesse à aller vers autre chose…

 

 

PS: Je développe cette idée dans mon deuxième livre qui, c’est confirmé, devrait paraître l’automne prochain!

 

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