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Oct 07

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Journal d’une doctorante: faire de la place

CC Ann Quasarano  pixabay.com

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pixabay.com

J’avais prévu le coup. Cet été, j’avais élaboré un tableau de tous mes projets, ce qui, les ayant mis côte-à-côte afin d’évaluer leur importance relative, me permettrait d’élaguer, de reporter, bref, de soigner mon temps. Évidemment, les renoncements étaient trop difficiles pour être faits d’un coup et sans connaître ce qui devait les remplacer. Je me disais qu’il faudrait faire « une deuxième passe ».

Puis, la session a débuté, empilant lectures, projets de présentation, demandes de bourses, conférences et blogue : j’ai connu une bonne semaine d’énervement. Ce n’était pas tant le nombre de choses à faire avec lequel j’avais de la difficulté, que le nouveau tempo imposé. Lire un texte, c’est bien, en lire cinq, c’est autre chose. Une nouvelle impulsion a été donnée à ma réflexion sur le temps : déjà, j’ai eu à changer mon titre de thèse deux ou trois fois! Je me sens comme une oie gavée.

Il est hors de question de contester ce rythme intense. Cela fait partie de la réalité du processus et ce n’est pas une surprise. Il faut faire avec, accepter ce qui est. Stephen Covey disait que, dans la vie, il y a d’inévitables périodes de déséquilibre. Elles ne sont pas toutes négatives.

On se fait à tout, surtout quand on nage en plein bonheur. L’interdisciplinarité est le mot qui manquait pour nommer mon parcours et mes intuitions. Le voilà, expliqué, plein de toutes les émotions positives et de toutes les valeurs qui me font vivre. Je m’y sens chez moi.

Ainsi, le calme dans la tempête est revenu. J’ai cependant eu à me dire quelque chose d’important : je vivrai cette aventure comme une humaine, c’est-à-dire, imparfaitement. Je ne pourrai pas tout faire ni tout lire de la façon dont mon cœur le désire. Honorons l’enthousiasme, acceptons l’imperfection. Profitons de la bienveillance du temps en spirale.

Étant une humaine, je veux garder une hygiène de vie : bien dormir, bien m’alimenter, marcher et méditer, voilà ce qui structure mes journées et me tiendra dans le plaisir de la découverte.  Je veux aussi rester la conjointe, la mère, la fille et l’amie que j’ai l’habitude d’être. Voilà l’essentiel.

Ainsi, j’ai pu rassurer ma fille : ce projet est extrêmement important pour moi, mais jamais autant que son frère et elle. S’il est vrai que beaucoup de temps linéaire y sera consacré, je saurai reconnaître le cardinal quand il visitera mon jardin temporel. Je resterai disponible.

J’ai un conjoint fantastique qui, profitant, lui, d’une période moins intense, prend la relève sur bien des activités domestiques. Mais je tiens encore ma part… du moins jusqu’en fin de session!

Enfin, le temps co-crée avec moi. Il s’est chargé de ma « deuxième passe » d’élagage : il fait simplement tomber d’elles-mêmes les activités qui ne trouvent pas de place dans mon agenda. Par exemple, j’ai moins le goût de lire autre chose que ce qui m’est proposé et je vois moins les traineries…

Cela ne m’empêche pas de pester contre la négligence domestique de mes ados, mais cela, c’est une autre histoire…

 

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