«

»

Mar 31

Imprimer ce Article

Et le bonheur?

CC pixabay.com

CC pixabay.com

Nous venons de passer les trois dernières semaines à décrire un triangle de puissance*, dessiné à partir de trois façons de vivre le temps : la gestion, le sens et le soin. Le mot « maîtrise » serait peut-être approprié. Il est beau dans ce sens : on maîtrise un instrument de musique. Mais d’un autre côté, il évoque un pouvoir sur le temps alors que le but serait plutôt de co-créer avec lui. Le temps est vivant, il est un jardin qui répond à nos actions soit en s’asséchant ou en s’étiolant, soit en s’épanouissant, en faisant jaillir la vie.

Cette attitude, ce troisième pan de notre triangle, nous amène à valoriser l’action en autant qu’elle soit portée par le sens et favorisée par le souffle : entourée d’un vide, de l’espace nécessaire pour qu’elle prenne la place qui lui est due. Je me demande si c’est encore possible, dans notre société de l’abondance et dans nos climats frénétiques? Il est question ici de mieux choisir dans le foisonnement du temps, les agirs les plus susceptibles de faire de nous des personnes « accomplies ».

Grâce à ce troisième pan, nous pouvons réunir les deux autres côtés du triangle dans une espèce de synergie bienveillante. Nous disons « soigner le temps ». Mais nous pourrions aussi parler d’une hygiène du temps.

Pierre Pastré, un théoricien du développement humain au travail, a écrit :

« Le travail est un curieux mélange d’œuvre et de besogne et il faut, pour que le développement puisse se développer, que l’œuvre ne soit pas engloutie par la besogne. »*

C’est exactement le but du troisième pan de notre triangle.  Dans la vie active que nous menons, il ne faut pas seulement remplir le temps et l’exploiter, mais il faut aussi dégager l’essentiel de telle sorte que l’œuvre de notre vie ne soit pas noyée, asphyxiée dans les tâches à accomplir. Quand nous n’y arrivons pas, nos plus belles actions, si elles réussissent à voir le jour, passent inaperçues dans le bazar de nos vies. Nous les perdons dans la tourmente, nous sommes incapables d’en profiter. Alors, à quoi bon?

Cette attitude se cultive, se développe, s’apprend. Pastré nous avertit cependant qu’elle n’est le résultat d’aucune procédure, aucune recette que l’on appliquerait intégralement à notre vie. Il faut, dit-il, pour que l’humain se développe, qu’il fasse ses apprentissages « à la première personne », c’est-à-dire qu’il intègre à lui-même, à son style à lui ou à elle, cette capacité de discerner l’essentiel et d’en favoriser l’épanouissement.

Et le bonheur? me demanderez-vous en conclusion. N’était-ce pas ce qui était promis au bout de la route? Et bien non, puisque l’on peut tout à fait être heureux ou heureuse sans tout cela. Mais j’ose croire que si l’action le cherche et que le sens nous permet de le reconnaître, le troisième pan du triangle lui fait de la place. Il nous rend disponible pour l’accueillir.

Je crois même qu’il lui souhaite la bienvenue.

 

(C) CLemaire Triangle de puissance

(C) CLemaire Triangle de puissance. SVP ne pas reproduire sans citer.

 

 

*Note: J’ai emprunté le titre « Triangle de puissance » à la firme de coaching et formation Mozaik Québec, bien que le triangle que je propose couvre une toute autre réalité. De fait, ma réflexion sur le temps n’est pas parvenue au point où je suis capable de nommer ce fameux triangle de façon originale… Si vous avez des propositions, n’hésitez pas à m’en faire part!

 

Lien Permanent pour cet article : http://christinelemaire.com/2015/03/31/et-le-bonheur/

(1 commentaire)

1 ping

  1. Françoise Beaudet

    En repensant à ton super triangle, je voyais les 3 côtés,
    – avec le faire = ACTION,
    – le être qui était pour moi un temps de RÉFLEXION (=observer et prendre soin, comme tu le dis si bien dans ton livre)
    – le SENS

    Et au centre, ce qui nait lorsque les 3 éléments sont là, c’est une PAIX INTÉRIEURE.C’est exactement, ce que j’ai vécu hier, lors de ton accompagnement: un temps de réflexion pour observer et prendre soin, en reliant avec ce qui fait du sens pour moi, afin d’agir autrement.

    L’expression « le temps d’une paix » est montée ensuite; une paix, car les 3 éléments évoluent constamment, l’équilibre est à rechercher à nouveau pour retrouver un autre temps de paix.

    TRIANGLE LE TEMPS D’UNE PAIX, voilà ce que j’avais envie de te proposer comme titre… et comme cadeau d’anniversaire.

    Bon fête Christine.

  1. Le pêcheur et l’homme d’affaires » |

    […] un fait, le troisième pan du triangle, celui de l’être et du soin, a été largement pris en charge par la société de […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>