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Nov 11

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Réflexions temporelles sur Le jeu de l’imitation

Affiche du film Le jeu de l'imitation

Affiche du film
Le jeu de l’imitation

Cette fin de semaine, j’ai vu, un peu après tout le monde, j’en suis bien consciente,  le beau film du réalisateur Morten Tyldum intitulé Le jeu de l’imitation, avec  Benedict Cumberbatch et Keira Knightley.

En plus de me jeter en plein désarroi en apprenant que Alan Turing, cet homme génial dont la vie nous est racontée, avait été victime de son époque et que, condamné à prendre des médicaments pour « guérir son homosexualité », il avait mis fin à ses jours à l’âge de 41 ans, ce film m’a fait réfléchir sur le temps (on s’en étonnera!).

Pour ceux et celles qui ne l’ont pas vu, Le jeu de l’imitation est l’histoire du décryptage du système de codage apparemment impénétrable de l’armée allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les Anglais avaient formé une équipe de mathématiciens de renom qui ont eu la charge de trouver la clé de l’énigme. Or, l’un d’entre eux, Alan Turing, invente une machine qui imitera la machine de codage des allemands. Son idée est que seule une machine peut réfléchir comme une autre machine et que les humains ne pourront jamais réussir à déchiffrer assez vite les messages interceptés.

Ce qui m’a d’abord étonnée est qu’une équipe d’hommes (une femme se joindra à eux) aussi conscients de la lourdeur de leur tâche puisse encore prendre le temps d’aller au pub pour prendre une bière. On voit aussi le personnage principal faire de la course à pied. Si tout cela se passait aujourd’hui, on aurait des équipes roulantes et, poussé par l’urgence, personne ne prendrait le temps de manger, ni de se laver… Une espèce de 24 heures chrono, en boucle.

Si tout cela se passait aujourd’hui, on se serait lancé dans l’action sans qu’aucun Churchill ne soit là pour écouter un Alan Turning plaidant en faveur de la réflexion avant l’action et croire que le temps consacré à l’invention d’une machine à transcrire les codes allemands n’était pas une perte de temps.

Ironiquement, c’est grâce à une conversation avec une jeune femme que l’un des membres de l’équipe prenait le temps de courtiser que l’étincelle de la connaissance s’est allumée. Cette femme a tout bonnement souligné que ceux qui écrivaient les messages codés employaient souvent les mêmes expressions au début ou à la fin dont, probablement,  le fameux Heil Hitler. Nourrissant de cette nouvelle clé leur machine qui, jusqu’alors, tournait à vide, celle-ci s’est mise à transcrire tous les messages envoyés.

On dit que l’inventeur de ce premier ordinateur a, à lui seul, raccourci la deuxième guerre mondiale de deux années, sauvant ainsi des milliers de vie humaines.

Voilà qui pose des questions sur l’efficacité de notre état d’urgence continuel. Quelqu’un qui décide de réfléchir avant d’agir et une clé qui s’offre autour d’une table d’auberge… Il y a de quoi se demander s’il n’y aurait pas de sérieuses raisons de se mettre à vivre le temps autrement…

 

 

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