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CC CLemaire

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DOCTORAT EN SCIENCES HUMAINES APPLIQUÉES

Je suis présentement doctorante en sciences humaines appliquées. Mon sujet d’étude est, bien entendu, le rapport au temps.

 

 

Une démarche dans le temps long

Avec À contretemps, je me suis mise à observer ce temps fébrile, que l’on nomme temps moderne et ses effets sur moi-même ainsi que les personnes de mon entourage… De mes questions, mes recherches et mes réflexions, j’ai tiré deux conclusions et une intuition.

La première conclusion est que la gestion du temps, qui nous parait si naturelle aujourd’hui, est un phénomène très nouveau dans l’histoire de l’humanité. Elle date, en fait, du milieu du XXe siècle, puisqu’elle tient son origine de la gestion, tout court, qui elle, n’a pas cent ans.

La deuxième conclusion est qu’elle ne fonctionne pas tout à fait. Si elle nous permet d’être plus efficaces, elle ne nous permet certainement pas d’être plus vivant. Et, contrairement aux promesses que nous font tous les théoriciens de la gestion du temps, elle ne mène pas au bonheur. Elle peut même nous empêcher de voir la beauté du monde et de goûter les richesses de nos vies.

Est-ce un hasard, si la gestion du temps s’est propagée dans nos organisations puis dans nos sociétés occidentales en même temps que le néolibéralisme? Ne pourrait-on pas penser que la gestion du temps, qui nous parait surtout aidante, puisse être aussi une façon de nous tenir en laisse, de nous formater, une façon de favoriser dans nos vies l’éclosion du système de valeurs néolibéral? Qu’est-ce que la gestion du temps nous permet d’être? Plus efficaces, plus performants, plus organisés? Mais nous permet-elle de goûter ce qui est à notre portée, de réfléchir longuement, de créer, d’être disponibles aux autres et attentifs à la vie qui coule?

Ces réflexions ont abouti à une intuition : le temps n’est pas seulement qu’une ligne droite tirée entre un désir transformé en objectif et le jour de sa réalisation. Il est infiniment plus que cela : il est vivant, multiple et généreux. ET NOUS LE SAVONS. Quelque part en nous, dans notre corps, notre conscience ou notre subconscient, nous possédons encore cette sagesse-là.

Dans La Surchauffe de nos agendas, j’ai cherché à retrouver cette sagesse-là. J’ai voulu découvrir des alternatives qui permettraient de vivre le temps en fonction de cet autre paradigme. Je l’ai fait en quelques étapes, comme on décide de cultiver un jardin : observer, comprendre, créer et soigner. C’est cette dernière action, que je nomme aussi « hygiène temporelle », qui réinscrit dans nos vies l’espace, une certaine lenteur peut-être, mais surtout de la bienveillance envers nous-mêmes, en soignant notre « jardin temporel ». Et quand nous commençons à être plus bienveillants, moins exploiteurs de notre temps, il est à parier qu’il devient plus facile de l’être envers les autres et envers notre environnement!

Un doctorat en Sciences Humaines appliquées

Me voici donc parvenue à l’étape où je cherche à approfondir ma compréhension de notre frénésie temporelle. Une piste se dessine :  c’est notre soif de vivre, de faire une différence, la meilleure partie de nous-mêmes, pour tout dire, qui nous amènent le plus souvent à exploiter notre temps à outrance. Voilà pourquoi j’ai décidé d’aller à la rencontre de gens qui, selon la perception générale, sont très occupées. Occupées, à un niveau hors de commun. Et d’essayer de saisir ce qui pousse ces personnes à remplir leur temps au maximum, au-delà, bien souvent, de leurs limites. J’avais l’embarras du choix de ce type de personnes. J’ai choisi un domaine que je connais, sans jamais en avoir fait partie : les avocats et avocates.

Et, quoi de mieux que de le faire sous la direction de scientifiques capables de soutenir ma recherche, de la nourrir et d’en garantir la structure, la rigueur et la qualité? Deux professeurs m’accompagnent donc dans cette quête : Violaine Lemay (Faculté de droit de l’Université de Montréal) et Yves-Marie Abraham (HEC Montréal).

Après 24 entrevues d’en moyenne une heure trente chacune, j’en suis rendue à me plonger profondément dans le temps de mes répondants et répondantes. Ma compréhension de ces temps-là, de ces vies-là, m’amènera, j’en suis certaine, à une meilleure connaissance du phénomène de la frénésie du temps. Mon but est que ces heures données servent aux autres.

Les sciences humaines appliquées, qu’est-ce que c’est?

Le programme de Sciences humaines appliquées est un programme interdisciplinaire offert depuis vingt ans au troisième cycle à l’Université de Montréal. Les doctorant/es y arrivent de divers horizons, avec une question concrète, à laquelle ils et elles ont déjà commencé à réfléchir.

La recherche doctorale en Sciences humaines appliquée vise à proposer des « réponses utiles » et applicables dans les milieux auxquels elle s’adresse. Le programme prépare à l’intervention sur le terrain, dans un monde contemporain « marqué par le travail en équipe multidisciplinaire et par le besoin croissant d’approches intégrées. »

Et après?

Dans mon cas, cette expérience me servira à mettre sur pied des cliniques temporelles destinées aux professionnel/les. De fait, depuis la parution de mon premier livre À Contretemps, en 2011, j’ai eu l’occasion de donner plusieurs conférences sur la question. Les personnes à qui je m’adresse ont, pour la plupart, une relation au temps difficile et parfois même extrêmement douloureuse. Leurs parcours, souvent problématiques, me motivent à approfondir ma réflexion sur cette question. Je crois fermement que ma démarche doctorale augmentera ma crédibilité auprès des personnes auprès de qui je veux travailler.

En somme, mon but est de mieux communiquer et de mieux accompagner quiconque tient son temps comme précieux et fragile, et qui désire mon soutien.

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